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RECOMMANDATIONS
POUR LE DIAGNOSTIC, LA PREVENTION ET LE TRAITEMENT DES OBESITES EN FRANCE
1998
ASSOCIATION FRANÇAISE D’ETUDES ET DE RECHERCHES SUR L’OBESITE
(AFERO)
15, rue de l’école de Médecine, 75270 Paris Cedex 06.
ASSOCIATION DE LANGUE FRANÇAISE POUR L’ETUDE DU DIABETE ET DES
MALADIES METABOLIQUES (ALFEDIAM)
88, rue de la Roquette, 75011 PARIS.
SOCIETE DE NUTRITION ET DE DIETETIQUE DE LANGUE FRANÇAISE (SNDLF)
Service de nutrition – Hôpital Bichat, 46, rue Henri Huchard, 75877
Paris Cedex 18.
Arnaud BASDEVANT, Martine LAVILLE, Olivier ZIEGLER, pour le Groupe de
Travail chargé de la mise au point des " Recommandations pour le diagnostic,
la prévention et le traitement des Obésités en France " :
Pierre BARBE, France BELLISLE, Jean-Michel BORYS, Gérard CHABRIER, Marie-Aline
CHARLES, Philippe CORNET, Charles COUET, Jean-Michel DANINOS, Françoise
FRAÏOLI, Marie-Laure FRELUT, Jacques FRICKER, Patrice GROSS, Michel KREMPF,
Claude LE PEN, Jean-Michel OPPERT, Marie-Françoise ROLLAND-CACHERA, Monique
ROMON, Patrick SEROG, Chantal SIMON, Maité TAUBER, Paul VALENSI, Bernard
VIALETTES, Michel VIDAILHET.
DIAGNOSTIC
L'obésité se définit comme un excès de masse grasse entraînant des
inconvénients pour la santé.
L'obésité doit être considérée comme une maladie car elle peut mettre
en cause le bien-être somatique, psychologique et social de l'individu
(B)*.
En clinique, l'estimation de la masse grasse repose sur le calcul de
l'indice de masse corporelle (IMC). Cet indice est le rapport du poids
(exprimé en kg) sur le carré de la taille (exprimée en mètre).
Chez l'adulte, l'obésité est définie par un indice de masse corporelle
égal ou supérieur à 30 kg/ (m2) (B).
Chez l'adulte, l'adiposité abdominale est associée à des complications
métaboliques et vasculaires. Le tour de taille est l'indice anthropométrique
le plus simple pour estimer l'importance des dépôts adipeux abdominaux.
Un tour de taille de plus de 90 cm chez la femme et de plus de
100 cm chez l'homme caractérise l'obésité abdominale (C).
Chez l'enfant, il est proposé de définir l'obésité par des valeurs
d'indice de masse corporelle situées au-delà du 97e centile
en se référant aux abaques qui figurent dans le carnet de santé (version
1998) (C).
Chez le sujet âgé il n'existe pas de définition consensuelle de l'obésité.
La recherche clinique sur la mesure de la masse grasse et sa distribution
doit être développée afin de définir l'obésité sur des éléments plus
précis, notamment chez l'enfant (C).
Une adaptation des techniques d'imagerie aux situations d'obésité massive
est une priorité pour améliorer la qualité du diagnostic des complications
(C).
PREVENTION DANS LA POPULATION
GENERALE
Les actions de prévention dans la population générale sont justifiées
par l'importance des déterminants comportementaux et environnementaux
de l'obésité et par l'accroissement de sa prévalence chez les enfants
(B).
Ces actions
de prévention doivent être centrées sur :
la promotion de l'activité physique dans la vie quotidienne et les
loisirs (B).
l'information nutritionnelle visant à réduire les excès d'apports
caloriques qui dépendent pour une large part de la densité calorique
de l'alimentation (matières grasses) et des boissons (alcool), ainsi
que des prises alimentaires en dehors des repas (B).
Les messages
de prévention doivent :
aller à l'encontre de la promotion actuelle d'un " idéal minceur "
source de désordres du comportement alimentaire, de désèquilibres
nutritionnels et de troubles psychologiques (B).
être orientés vers l'équilibre alimentaire et l'activité physique
et exclure toute référence à la notion de " poids idéal ".
Ces actions
de prévention doivent :
s'appuyer sur l'éducation nutritionnelle à l'école et au collège
(C).
être relayées par les organismes chargés de l'éducation pour la santé
(C).
être orientées vers les secteurs de la population particulièrement
affectés par l'augmentation de la fréquence des obésités (sujets jeunes
et milieux défavorisés) (C).
privilégier les interventions au niveau local en raison d'une plus
grande prévalence de l'obésité dans certaines régions, en particulier
dans le Nord de la France (C).
Il est
recommandé de :
lutter contre la publicité et les allégations nutritionnelles trompeuses
dans le domaine du contrôle du poids (C).
établir avec l'industrie agro-alimentaire et la grande distribution
un code de bonne pratique dans le domaine de la communication nutritionnelle,
en particulier celle destinée aux enfants et aux adolescents (C).
améliorer l'étiquetage des produits alimentaires pour le rendre lisible
et compréhensible pour les consommateurs (C).
PREVENTION CHEZ LES
SUJETS A RISQUE D'OBESITE
Une prévention
orientée de l'obésité est justifiée :
chez les individus à haut risque de prise de poids : sujets
ayant des apparentés du premier degré atteints d'obésité, enfant présentant
un rebond d'adiposité précoce avant l'âge de 6 ans (B).
dans les circonstances favorisant la prise de poids : arrêt
du tabac, arrêt de l'activité physique et sportive ; traitements
médicamenteux (certains antidépresseurs, neuroleptiques, certains
antiépileptiques, corticoïdes, œstrogènes, progestatifs) ;
certaines maladies endocriniennes en particulier l'hypothyroïdie ;
changements d'habitudes de vie ; grossesse, ménopause ;
périodes de vulnérabilité psychologique ou sociale (B).
chez les personnes présentant une prise de poids rapide, supérieure
à 5 % du poids habituel (C).
chez les sujets présentant ou étant prédisposés à une maladie susceptible
d'être aggravée par la prise de poids : par exemple un diabète
(C).
Il est recommandé
d'informer le sujet des facteurs qui peuvent, dans son cas particulier,
entraîner une prise de poids excessive et des moyens (activité physique,
alimentation) d'y faire face (C).
OBJECTIFS DU TRAITEMENT
La prise
en charge doit être globale. Les objectifs du traitement ne
se réduisent pas à la perte de poids :
le traitement des complications est un objectif primordial quelles
que soient l'évolution pondérale et les difficultés du contrôle du
poids. Il faut insister sur :
le traitement de l'hypertension, du diabète, des dyslipidémies (C).
la prise en charge des complications respiratoires (syndrome d'apnée
du sommeil) et cardio-vasculaires (insuffisance cardiaque et coronaire)
(C).
le projet thérapeutique doit prendre en compte les objectifs psychologiques
et sociaux (C).
pour certains sujets, chez qui l'obésité ne constitue pas un risque
vital mais est essentiellement une source de souffrance psychologique,
la priorité peut être donnée à la restauration de l'estime de soi,
et de l'image du corps, ainsi qu'à la lutte contre le rejet social
(C).
Les objectifs
pondéraux doivent :
être réalistes et individualisés : la tolérance à la restriction
alimentaire connaît des limites physiologiques et psychologiques.
Ces limites, dont le seuil est variable d'un individu à l'autre, doivent
être prises en compte dans la définition des objectifs pondéraux (A).
s'inscrire dans la durée : après la perte de poids initiale,
obtenue au bout d'environ six mois, l'objectif est son maintien à
long terme (B).
En pratique :
dans la majorité des cas, une perte de poids de 5 à 15 % par
rapport au poids maximal, constitue un objectif réaliste, entraînant
des bénéfices pour la santé (B).
une perte de poids de 20 % et plus, peut être envisagée si les
moyens nécessaires pour y parvenir ne mettent pas en cause l'équilibre
nutritionnel, somatique, psychologique et social de l'individu (C).
dans certains cas, éviter l'aggravation de l'obésité est le seul
objectif raisonnable quand la restriction alimentaire est mal tolérée
et quand les résistances biologiques à la perte de poids sont fortes.
Cet objectif ne doit pas être considéré comme un résultat négatif
dans cette maladie qui a une tendance spontanée à l'aggravation (C).
L'évaluation
des procédures thérapeutiques doit inclure, outre l'évolution du poids,
les effets sur les complications et les facteurs de risque vasculaire,
et sur la qualité de vie (C).
MOYENS MEDICAUX
Le traitement de l'obésité repose sur une combinaison de mesures thérapeutiques.
Activité
physique
La pratique d'une activité physique régulière, d'intensité modérée,
est recommandée non seulement pour le contrôle du poids à long terme
mais aussi pour l'amélioration de la situation métabolique (A).
La première recommandation est d'augmenter le niveau d'activité physique
dans la vie quotidienne (marche d'un pas soutenu plutôt que
déplacements en voiture, escaliers plutôt qu'ascenseurs, etc.) et
au cours des loisirs. La pratique d'une activité programmée (2 à 3 fois
par semaine) d'intensité supérieure pourra compléter cette mesure
(B).
L'absence d'activité physique régulière est un facteur de mauvais
pronostic pondéral (A).
Conseils
pour l'alimentation
Dans la majorité des cas, il s'agit de corriger un excès d'apports
énergétiques et d'aider le sujet à trouver un équilibre alimentaire
plutôt que de prescrire un régime dit " hypocalorique "
(B). Dans cette perspective, il est recommandé d'aider le sujet à :
évaluer ses apports alimentaires en l'informant sur le contenu énergétique
des aliments,
analyser l'importance des prises alimentaires en dehors des repas
et leurs circonstances déclenchantes : le carnet alimentaire
est un outil utile pour cette évaluation (C).
La prise en charge des désordres du comportement alimentaire est
une condition nécessaire et, dans bien des cas, un préalable indispensable
à tout programme de traitement de l'obésité car :
les compulsions alimentaires et les grignotages peuvent être une
source importante d'apport calorique et leur contrôle peut suffire
à réduire l'excès de poids (B).
la prescription d'un régime peut aggraver des troubles du comportement
alimentaire (B).
La prescription diététique visant à réduire les apports caloriques
doit tenir compte des habitudes alimentaires individuelles et ne pas
faire appel à des restrictions alimentaires sévères :
des régimes modérément restrictifs entraînent de meilleurs résultats
à long terme et induisent moins d'effets secondaires que les restrictions
alimentaires sévères (B). Ils permettent de maintenir une diversité
alimentaire et une certaine convivialité.
En pratique, cette approche diététique revient à :
conseiller une réduction d'environ 15 à 30 % des apports alimentaires
par rapports à ceux évalués par l'enquête alimentaire (par exemple
1 400 à 1 700 Cal si les apports habituels étaient
de 2 100 Cal/j et 2 000 à 2 500 si les apports
habituels étaient de 3 000 Cal).
ou, ce qui revient souvent au même, à conseiller des apports correspondant
aux 2/3 de la dépense énergétique quotidienne, calculée en tenant
compte de l'âge, du sexe, du poids et du niveau habituel d'activité
physique.
Les régimes à basses et très basses valeurs caloriques ne doivent
pas faire partie des prescriptions courantes (A).
Approches
cognitivo-comportementales
Les approches cognitivo-comportementales sont proposées s'il existe
des difficultés d'application des mesures initiales (diététique et
activité physique) et en cas de troubles du comportement alimentaire
(C).
Soutien
psychologique, psychothérapie
Le soutien psychologique fait partie intégrante de la prise en charge
de cette situation chronique dont le traitement implique des modifications
comportementales et des contraintes (B).
Une psychothérapie est indiquée en cas de dépression, de troubles
de l'image de soi et dans les cas où les troubles du comportement
alimentaire sont en rapport avec des difficultés psychologiques ou
des situations conflictuelles durables (B).
Surveillance
médicale
Les conseils concernant l'alimentation ou l'activité physique sont
des prescriptions médicales imposant une surveillance et un soutien
au long cours (C).
Le suivi n'est pas codifié. Il doit être individualisé. Différentes
études indiquent si un suivi régulier (environ toutes les 4 à 6 semaines)
pendant les premiers mois et prolongé, contribue à la prévention de
la rechute (B).
Médicaments
Le traitement pharmacologique de l'obésité :
ne doit être envisagé qu'en cas d'échec des mesures précédentes, pour
des patients dont l'IMC est supérieur à 30 kg/(m2),
ou chez ceux dont l'IMC est supérieur à 25 kg/(m2) et
qui présentent une anomalie clinique ou un risque de morbidité élevé,
en rapport avec l'excès de poids (C).
a pour objectif principal d'aider au maintien de la perte de poids
au long cours :
* seuls des médicaments dont l'efficacité et la tolérance auront
été démontrées par des études pendant au moins un ans peuvent être retenus
(B).
* la poursuite du traitement au-delà du troisième mois ne devrait
être envisagée que chez les patients répondeurs lors de cette période
initiale de prescription (C).
Le traitement pharmacologique des comorbidités :
La présence d'une obésité ne doit pas faire renoncer mais, au contraire,
inciter à l'utilisation des traitements pharmacologiques du diabète,
des dyslipidémies et de l'hypertension artérielle, si les anomalies
métaboliques et tensionnelles persistent malgré les conseils concernant
la diététique et la pratique d'une activité physique (C).
CHIRURGIE
Interventions
visant à favoriser
la perte de poids
La chirurgie de l'obésité :
doit être considérée comme une mesure exceptionnelle, dont l'indication
relève du spécialiste.
ne doit être envisagée qu'après une prise en charge médicale spécialisée
bien conduite d'au moins un an, incluant des approches complémentaires
(diététique, activité physique, prise en charge des troubles du comportement
alimentaire et d'éventuelles difficultés psychologiques, traitement
des comorbidités et des complications de l'obésité).
ne doit être envisagée que dans les cas d'obésités résistante aux
traitements conventionnels et exposant à des complications importantes,
non contrôlées par le traitement médical. L'IMC doit être supérieur
à 40 kg/m2 ou à 35 kg/m2 s'il existe
des complications ou comorbidités associées qui menacent le pronostic
vital ou fonctionnel.
doit être pratiquée par un chirurgien formé dans ce domaine, au sein
d'une équipe entraînée à l'anesthésie et à la surveillance médicale
périopératoire des sujets présentant une obésité massive (C).
L'évaluation préopératoire doit :
être menée par une équipe multidisciplinaire associant un spécialiste
en nutrition, un psychiatre, le chirurgien et l'anesthésiste, en collaboration
avec le médecin traitant (C).
prendre en compte les dimensions somatiques, psychologiques et sociales.
comporter la recherche de contre-indications (en particulier psychologiques,
comportementales, anesthésiques, stomatologiques et digestives).
évaluer les risques opératoires (en particulier respiratoires et
cardiovasculaires) et prendre les mesures pour les prévenir.
tenir compte de la motivation du patient qui serait un facteur pronostic
(C).
Une information - claire et précise doit être fournie à l'intéressé(e)
sur les avantages, les inconvénients, les risques de l'intervention
et de ses suites (C).
Une surveillance médicale prolongée pendant plusieurs années est
indispensable pour dépister les effets secondaires de cette procédure
(en particulier les déséquilibres nutritionnels et les conséquences
psychologiques) (C).
La mise en place de centres de références et d'un registre national
est recommandée pour permettre l'évaluation de cette procédure chirurgicale
(C).
Chirurgie
plastique et réparatrice
La chirurgie réparatrice peut être justifiée après amaigrissement
afin de pratiquer l'exérèse des excès de peau et de tissu adipeux
sous-cutané, qui peuvent poser des problèmes mécaniques et avoir un
important retentissement psychologique.
La décision opératoire doit s'inscrire dans une prise en charge médicale
de l'obésité et n'être envisagée qu'en période de stabilité pondérale.
STRATEGIES
La prise
en charge doit être précoce, si possible au stade de constitution du
surpoids (C).
Chez
les sujets dont l'IMC est compris entre 25 et 29,9 kg/(m2) :
en l'absence de complications de l'excès pondéral, l'objectif peut
être d'éviter une prise de poids supplémentaire. Les conseils nutritionnels,
l'activité physique, les adaptations comportementales sont les seules
mesures indiquées.
il faut envisager une perte de poids s'il existe une obésité abdominale,
des facteurs de risque vasculaire, ou une affection associée dont
l'évolution est influencée par l'excès de poids, et si l'excès de
poids est mal toléré (C).
Chez
les sujets dont l'IMC est 30 kg/(m2) :
l'objectif est l'obtention d'une perte de poids, puis d'une stabilisation
pondérale à long terme ainsi que la prévention ou le traitement des
complications.
l'obésité non compliquée, relève des mesures diététiques associées
à une augmentation de l'activité physique. Une approche comportementale
peut être proposée lorsque la mise en place de ces mesures s'avère
difficile.
si les complications de l'obésité sont menaçantes et non contrôlées
par des mesures spécifiques, un traitement médicamenteux peut être
envisagé (C).
L'obésité
morbide ou massive : IMC 40 kg/(m2)
relève d'une prise en charge spécialisée en collaboration avec le médecin
traitant (C).
OBESITES DE L'ENFANT
Il est
recommandé :
d'interpréter les valeurs du poids et d'IMC en tenant compte de l'âge
et de se référer aux courbes de poids et d'IMC du carnet de santé
(version 1998) (C).
de tenir compte du rebond d'adiposité avant 6 ans, et du déplacement
rapide sur les courbes de centiles (par exemple le passage du 60e
au 90e centile) qui sont des indices de risque de constitution
de l'obésité appelant des réponses médicales (B).
de ne traiter l'excès de poids avant l'âge de trois ans que si les
parents sont obèses ou si l'excès de poids est extrême (C).
d'agir sur un ensemble de comportements conduisant à la sédentarité
et à des prises alimentaires en dehors des repas et des collations
(temps passé devant la télévision, déstructuration des rythmes alimentaires)
(B).
de ne réduire que modérément les apports énergétiques pour respecter
les besoins de la croissance et éviter les effets secondaires, en
particulier comportementaux de la restriction alimentaire (C).
de combattre la mise à l'écart de l'enfant obèse (B).
d'associer la famille au projet thérapeutique afin qu'elle y contribue
de façon positive (B).
de confier la prise en charge des obésités massives de l'enfant à
des pédiatres spécialisés dans la prise en charge des obésités (C).
L'augmentation
de la prévalence de l'obésité de l'enfant justifie un développement
de la recherche clinique et épidémiologique dans ce domaine.
SYSTEME DE SOIN
Pour
améliorer le recours au système de soin, il est recommandé de :
lutter contre les attitudes négatives du public et des personnels
de santé vis-à-vis des sujets obèses (C).
considérer l'obésité comme un problème de santé publique en raison
de l'importance de ses complications, en particulier métaboliques
et vasculaires et de sa prévalence élevée (plus de 7 % de la
population adulte en France) (A).
de développer des consultations pour la prévention et le traitement
des obésités dans des conditions accessibles aux personnes en difficultés
économiques et sociales (C).
de faire figurer l'obésité massive multicompliquée parmi les affections
de longue durée prises en charge à 100 % (C).
Pour
améliorer la prise en charge de l'obésité, il est recommandé de :
rendre plus cohérent le système de prise en charge et de mieux définir
le rôle des différents intervenants :
le médecin généraliste et le pédiatre (et d'une manière générale
les médecins traitants) ont un rôle primordial dans le diagnostic
de l'obésité et de ses complications, dans la définition des objectifs
et la mise en place des premières mesures thérapeutiques.
le médecin spécialiste a pour domaine de compétence particulier,
la prise en charge des obésités massives et/ou multicompliquées, les
désordres importants du comportement alimentaire et les obésités résistant
aux mesures de première intention.
les centres de références sont impliqués dans :
- la prise en charge des situations nécessitant une approche
d'équipe, en particulier dans le cas des obésités massives.
- le diagnostic et le traitement des complications nécessitant
un plateau technique adapté (pour la recherche d'un syndrome d'apnée
du sommeil, de complications vasculaires, pour l'étude du bilan d'énergie,
pour l'éducation nutritionnelle).
- l'évaluation des procédures diagnostiques et thérapeutiques.
- la formation des médecins et personnels de santé dans
ce domaine de la pathologie nutritionnelle (C).
Pour
développer la prévention, il est recommandé :
d'impliquer les généralistes, les pédiatres, les médecins scolaires,
les médecins du travail dans l'identification des sujets et des situations
à risque d'obésité ainsi que dans les actions de prévention nutritionnelle
(C).
de développer l'enseignement en Nutrition au cours de études médicales
et paramédicales et dans le cadre de la formation continue (C).
Pour
mieux évaluer la place de l'obésité parmi les problèmes de santé publique
en France, il est recommandé d'améliorer son identification par les
systèmes d'information médicale (C).
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